Horizon sur verre 3/3 – Dernier verre pour la route

Si vous avez raté les deux premiers épisodes :  épisode 1, épisode 2

En 2200 et des poussières, un petit bonhomme aux allures de pas grand chose. Un petit bonhomme aux allures de pas grand chose et un peu ahuri. En 2200 donc, et des poussières, un petit bonhomme, aux allures disons banales et à l’air ahuri, contemple une vitre. La contemplation durant, son air ahuri fait place à un nouvel air, perplexe. Contemplant la vitre, les allures du petit bonhomme à présent perplexe semblent plus assurées. Perdurant, la contemplation fait place à la défiance. Les allures du petit bonhomme, s’accordant à son air, deviennent alors plus hostiles. Le petit bonhomme aux allures hostiles qui défie la vitre avec son air semble insatisfait de cette seule provocation et décide de l’accompagner d’un geste. Choisissant sans trop y penser un geste à la hauteur de son air défiant et de ses allures hostiles, le petit bonhomme opte pour le coup de pied. Comme il a suffisamment bu pour être suffisamment ivre pour avoir suffisamment de courage pour taper suffisamment fort dans la vitre pour tenter de la briser, le coup de pied n’apparaîtra pas très douloureux au petit bonhomme aujourd’hui. Et comme demain il sera mort, il n’aura pas à regretter son geste. Bien sûr le petit bonhomme ignore que demain il sera mort, par dessus ça il ignore de quelle manière. Il est déjà suffisamment troublé par la présence de la vitre pour ne pas se préoccuper de son arrière plan. De toute façon il serait bien improbable qu’à cette distance et dans cet état d’ivresse, il parvienne à percevoir de l’autre côté de la vitre le missile sous marin qui file droit dans sa direction. De toute façon, même s’il parvenait à percevoir ce missile sous-marin engagé dans sa direction, il ne saurait pas ce qu’il voit et ne se douterait pas des conséquences explosives qu’impliquerait la perforation de la vitre par cet objet. Rien ne lui aurait permis d’identifier ce sous-marin comme appartenant aux armes de destructions massives de la dernière guerre mondiale. Il n’a jamais vu un pareil spécimen, même dans les livres d’histoire. Il ne sait pas que quelques unités de ces missiles de guerre longue portée, dotés de guidage par satellite, ont connu une série de dysfonctionnements un siècle et demi plus tôt lors de leur lancement. Qu’une poignée d’entre eux, hackée par les programmeurs militaires d’un camp ou de l’autre (savoir lequel n’a pas la moindre importance) dans le conflit furent détournés de leur objectif sans qu’un nouvel objectif ne leur soit imposé. Comme le petit bonhomme pousse l’ignorance jusqu’à ne pas savoir ce que fait cette vitre devant son nez alors il aurait eu bien du mal à avoir connaissance du petit nom que l’on donnât aux missiles errants après la fin du conflit armé. Il se trouva qu’ils avaient été baptisés “Fantômes”. Il se trouva donc, par voie de conséquence, que le petit bonhomme n’allait pas tarder à rencontrer un Fantôme. Il n’aurait malheureusement pas le temps de prendre conscience de l’affaire avant d’être emporté dans l’océan. Car la grande vitre contre laquelle se mesurait notre petit bonhomme, celle dont il ignorait l’histoire, autant que l’histoire du missile Fantôme. La grande vitre qu’il regardait comme on regarde le dernier acte d’une série d’anticipation dont on aurait manqué les épisodes précédents, cette grande vitre lui avait paru absurde toute sa vie. Cette grande vitre qui faisait le tour de l’île de Ré, cette grande vitre haute comme dix étages, celle-là qui d’un côté transformait l’île en vivarium et de l’autre faisait de l’océan un aquarium. Celle-là qui avait sauvé l’existence de Ré, contenant les eaux montantes, années après années, le petit bonhomme venait de la frapper du pied pour la briser. Le petit bonhomme est soulagé d’avoir porté ce coup responsable de la moitié de la coïncidence qui suit. Car il sera bien difficile de déterminer si le petit bonhomme est parvenu à détruire la vitre d’un seul coup de pied. Avant de mourir, à travers la vitre, le petit bonhomme cru voir un fantôme.
Christian Monteli
Fiction par Etienne Tellant

Amphithéâtre de Saintes

Amphithéâtre de Saintes
La ville de Saintes, vieille d’un peu plus de deux mille ans était baptisée Mediolanum Santonum pendant l’Antiquité, elle était la capitale de la civitas Santonum et de la province de Gaule aquitaine. Puisqu’elle est particulièrement marquée par son Histoire, une promenade dans la ville vous permettra de photographier les monuments qui témoignent de ses richesses passées.

Continuer la lecture de « Amphithéâtre de Saintes »

Habiter la plage en hiver

Bord de plage à Bourcefranc-Le-Chapus
Loin de son humeur estivale qui la revêt à chaque saison chaude de son manteau de serviettes et de son parfum d’écran total, la plage a quelque chose de doux en hiver. Quelque chose de sauvage, comme une invitation à une attention plus disponible et qu’il conviendrait d’attribuer à son inaptitude en condition hivernale à se prêter au jeu des divertissements que l’on aborde en maillot de bain, quand l’air chaud nous déshydrate jusqu’à faire grincer notre cerveau diminué contre les parois d’un crâne assommé.

Continuer la lecture de « Habiter la plage en hiver »