Le marché de Royan

Le marché central de Royan, conçu en 1955, constitue un pôle attractif majeur bénéfique à la région de Charente-Maritime sur le plan économique et culturel. Considéré aujourd’hui comme l’un des plus beaux marchés d’Europe, il est classé monument historique depuis 2002. Il a été célébré cette année en terminant à la seconde place du podium des Plus Beaux Marchés de France !

Sa voûte en forme de coquillage est un petit génie architectural, non plus épais que de 8cm au plafond, doté de verreries blindées, la lumière circule de façon optimal sur les bancs des marchands.

Sous la coquille, s’organisent en cercles les bancs des marchands sédentaires, on y trouve ce que l’on trouve généralement dans un marché (boulangers, poissonniers, bouchers, ostréiculteurs, marchands de fruits et légumes, etc.). Les marchands sont pour la plupart des producteurs. Les revendeurs sont minoritaires. La production-vente constitue un enjeu de taille: il s’agit de la possibilité de faire advenir un produit indépendamment de quelconques intermédiaires. Le client achète le plus souvent un produit sans publicité ni emballage. Le vendeur peut élaborer un prix en fonction du temps de travail et des coûts de production. Ne s’agissant pas de production intensive destinée à la vente en grandes surfaces, le producteur n’est pas rémunéré en fonction des cours mais des coûts. Il détermine ses prix lui-même. Ainsi, au moment de la transaction, la distance entre le consommateur et le producteur est considérablement réduite.

Banc de fruit de mer au marché de Royan
Photographie par DS Souchon

Le marché s’organise en ronds dans l’eau. Il commence par un petit cercle central sous la coquille, puis il s’étend en trois autres cercles toujours situés sous la coquille, enfin, le cercle sort de sa coquille pour constituer la première périphérie, ou couronne. Il s’agit d’une périphérie physique mais qui n’a aucune conséquence sur le statut des vendeurs, il sont considérés comme les marchands placés sous la coquille. Le regard tourné vers l’extérieur, ils font face à la deuxième couronne, celle des journaliers, vient ensuite une petite couronne amputée, au statut intermédiaire. Enfin, la quatrième couronne est occupée par les marchands non-sédentaires.

Vue intérieure du marché de Royan
Photographie par DS Souchon

Les marchands sédentaires, sous la voûte ainsi qu’à la première couronne, constituent le fond et la stabilité du marché. À quelques centaines d’euros par mois, ils louent leur espace et ne peuvent être remplacés. Certains bancs sont occupés par les mêmes commerçants depuis plusieurs dizaines d’années et ce, sur deux, voire trois générations. Chaque commerçant a son enseigne, ils sont regroupés par catégories.

Les marchands de la deuxième couronne sont des journaliers, ils payent le m² directement au placier et louent leur espace à la journée. Ils peuvent être remplacés pour la journée s’ils ne se sont pas installés à 9H00. Ils retrouvent leur place le lendemain.

Les marchands de la troisième couronne ont un statut intermédiaire, physiquement éloignés du centre du marché, ils profitent cependant de la location au mois et de la garantie d’une place réservée en permanence.

Vue extérieure du marché de Royan
Photographie par DS Souchon

Enfin, les non-sédentaires constituent la plus grande couronne. Pour la plus grande partie ils sont marchands forains et payent leur espace à la journée et ne sont présents que le mercredi et le dimanche.

Pour le client, le marché est un espace vivant, dynamique et bucolique. En arrivant, il peut dans un premier temps faire l’expérience du lieu et d’une bonne humeur générale. Puis il peut se fournir en produits garantis d’origine contrôlée. Il s’adonne rarement aux joies du marchandage et du négoce car les commerçants ne négocient généralement pas leurs produits mais sont plutôt généreux et n’hésitent pas, occasionnellement, à faire don de quelque item en plus, comme ça, pour la forme et les fidèles.

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