Portrait de Piqthiu

Piqthiu

Père-Noël des drôles et drôlesses

Couverture des Mouettes du 17 - Avec Piqthiu

De celles et ceux qui parmi vous connaissent déjà Piqthiu, la plupart savent de lui la gouaille, la bonne goule et le coup d’fourchette. Le personnage est d’une bonhomie extraordinaire et son patois n’a d’égal que son sens du récit.

Ce qu’on sait moins c’est que Piqthiu, entre deux coups de fourchette, il est un peu notre Père-Noël à nous, en Charente‑Maritime. Alors certes il n’a pas la barbe jusqu’aux genoux, il ne pourrait plus bien souper avec, pardi ! Il n’a pas la robe rouge, il préfère le K-Way de marin et la marinière ! Et en guise de traîneau, on lui a connu une 404 Pick-up benne. Il est comme ça notre Père-Noël local ! Un jour il est parti faire sa tournée : neuf mille six-cent kilomètres, ça lui a pris deux mois, simplement pour aller dire bonjour à toutes les radios France Bleu de l’hexagone. Il se souvient qu’il y en avait quarante-trois à l’époque. Et dans chaque ville où il a dormi, chaque soir il offrait à ses hôtes des cadeaux de chez nous. « Ô l’avait les huîtres, ô l’avait toutes sortes de produits, ça s’appelait la Route de la soupe ! » se souvient Piqthiu. Et quand il ne fait pas le tour de France pour taper la bise aux collègues et distribuer les bonnes victuailles de la région, Piqthiu transmet le patois charentais aux collégiens de Gémozac. Enfin, avec Piqthiu, il faut s’attendre à des aventures…

« On m’a demandé un jour au collège de Gémozac de donner des cours de patois. Les drôles j’leur avais donné des noms de patois, ils étaient dix-sept. On avait dit, avec le principal, qu’on travaillerait sur un an. Les drôles travaillaient sur la chasse, la pêche, la gastronomie charentaise, les tenues charentaises, etc. Et alors, fin novembre, y a une drôlesse qui arrive en pleurant parce que les troisièmes s’étaient foutus de notre gueule. Ils avaient dit que c’était nul et ringard le cours de patois… Alors là, m’avaient vexé ! Je suis revenu le mardi suivant, et je leur ai annoncé que le projet ne serait pas d’un an mais de deux ans. Et j’ai demandé aux drôles de s’engager avec moi. Je leur ai dit : vous allez me faire une lettre à la main comme quoi vous vous engagez à venir dix jours avec moi sans téléphone portable, sans lecteur MP3, sans appareil photo numérique, sans argent de poche, et que vous goûterez tout ce qu’il y aura à goûter dans l’endroit où vous serez. Ils ont dit : Ça sert à quoi Piqthiu ? Je leur ai répondu : Vous voyez, avec ces lettres-là, je vais aller voir des gens, ils vont vous payer le billet d’avion ! Et j’ai emmené les dix-sept petits charentais-maritime, dix jours au Québec, sans que ça coûte un centime à leur famille. On a fait une opération qui s’appelait Nos p’tits drôles sur les traces de Champlain. Des partenaires ont payé les billets d’avion 700€, le Vegas m’a prêté la salle, on a fait un cabaret pour récupérer des sous. Et on a réussi à emmener les drôles ! C’était en 2012. Et puis cette année encore, dans le collège de Gémozac y a des drôles qui font du patois avec moi, là, tous les mardis. Et ils partiront avec moi pendant trois séjours en terre inconnue ! C’est à dire qu’ils ne savent pas du tout où on va aller. Ils vont faire trois sorties dans la saison, des sorties qui vont les émerveiller !”

Ça nous donnerait bien envie de refaire une année de collège pour l’fun Piqthiu !

Portrait de Piqthiu En savoir plus sur
Piqthiu